Première!

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Première!

Ça y est c'est parti! La galerie du Canon ouvre ses portes et une belle aventure commence. Les doutes et les interrogations que nous avons pu nourrir en travaillant à cet ambitieux projet, les difficultés techniques et les inévitables problèmes de chantier rencontrés, sont aujourd'hui oubliés. Ils ont été balayés par l’enthousiasme, le désir et l'émotion de faire partager notre passion pour l'art à un large public, dans un espace rénové de belles proportions, situé dans le coeur historique de Toulon.

La ligne esthétique suivie par la galerie évitera tout dogmatisme programmatique et sera dictée par nos convictions et nos appétits artistiques. Si certains artistes de la galerie sont déjà connus des habitués de l'Hôtel des Arts de Toulon pour y avoir exposé lorsque Gilles Altieri en avait la responsabilité, de nouveaux artistes viennent s'y agréger et nous serons particulièrement attentifs à montrer des jeunes talents français et étrangers.

Pour sa première exposition, la galerie du Canon a pris l'option de présenter quatre artistes - la photographe Margery Clay et les peintres Janos Ber, Marek Szczesny et Jérémy Liron. Le premier d’entre eux, en héritier de Matisse, inscrit son travail dans l'exploration toujours renouvelée de la ligne et des variations d'ordre musical que sa main introduit. Cette place accordée au dessin et au geste par Janos Ber se retrouve chez Marek Szczesny qui opère pourtant dans un registre beaucoup moins apaisé. Il peint avec fougue des lignes qui organisent peu à peu l'espace dans un processus de construction et de déconstruction continu. De la même façon, si tous deux utilisent le papier découpé, c'est dans une perspective très différente ; chez Janos Ber le découpage et le réassemblage des fragments de papier créent un rythme musical qu'on pourrait qualifier de mozartien, alors que chez Marek Szczesny les empiècements qu'il introduit, créent un déséquilibre et provoquent une rupture harmonique. Pour ces deux artistes la peinture nait d'un même élan, et se pense en se faisant.

Les deux autres artistes réunis dans l’exposition travaillent autour du paysage urbain. Les bâtiments saisis par l'objectif de Margery Clay imposent au spectateur leur puissance sculpturale que leur beauté sombre et les murs marqués par les stigmates du temps empreignent d'une poésie désespérée, étrangère à Jérémy Liron, peintre de la ligne claire et des ciels azuréens. Si le spectateur, face à ses tableaux peuplés de villas et d'immeubles construits sur le modèle corbuséen, croit les identifier, c'est souvent une impression trompeuse car les bâtiments de Jérémy Liron, sans être fictifs, sont largement réinterprétés par l'artiste au gré de sa fantaisie et des exigences plastiques de leur composition. Il existe en effet chez ce peintre un élément ludique à ne pas négliger, relevant très souvent du private joke, fait de citations et d’allusions amusées à d'autres artistes, comparables à ce que pratiquent les jazzmen dans leurs improvisations.

La diversité assumée des quatre artistes présentés dans cette exposition inaugurale lui impose son titre : Première!
Première!

We’re off! The Galerie du Canon finally opens its doors and a great adventure begins. The doubts and questions raised by this ambitious project, the technical difficulties and the unavoidable problems met on the site are now forgotten. They were swept away by the enthusiasm, the desire and the emotion to share our passion for art with a large public, in a renovated space of beautiful proportions, located in the historic heart of Toulon.

The aesthetic policy followed by the gallery will avoid any programmatic dogmatism and will be driven by our convictions and our artistic appetites. If some artists of the gallery are already known to the Hôtel des Arts regulars, as Gilles Altieri used to commissioned its exhibitions, new artists will join and we will be paying close attention to french and foreign young talents.

For its first exhibition, the Galerie du Canon decided to present four artists - photographer Margery Clay and painters Janos Ber, Marek Szczesny and Jérémy Liron. The first of them, in heir to Matisse, falls in with the ever-renewed exploration of the line and the musical variations that his hand leads into. This space that Janos Ber gives to drawing and gesture can be found in Marek Szczesny’s work, who however proceeds in a much less soothed register. With energy, he paints lines that gradually organize space in a process of continuous construction and deconstruction. In the same way, if both use paper cut, it is in a very different perspective; for Janos Ber, the cutting and reassembly of the paper fragments create a musical rhythm that could be called Mozartian, whereas in Marek Szczesny’s work, the inserts he introduces create an imbalance and produce a harmonic rupture. For these two artists, the painting springs from the same impetus, and thinks of itself while doing it.

The work of the other two artists found in the exhibition revolve around urban landscape. The buildings seized by Margery Clay’s objective impose their sculptural power on the spectator. Their dark beauty and their marked walls – scarred by the passing of time — are imbued with desperate poetry, unknown to Jérémy Liron, painter of the clear line and blue skies. Faced with paintings of villas and buildings that show Le Corbusier’s influences, the visitor thinks he can recognize them, however, it is often a misleading impression because Jérémy Liron’s buildings, without being fictitious, are largely reinterpreted by the artist according to his fantasy and the plastic requirements of their composition. There is indeed a playful element in this painter’s work that must not be overlooked, often recalling private jokes, made up of quotations and amusing allusions to other artists, comparable to what jazzmen do in their improvisations.

The intended diversity of the four artists displayed in this inaugural exhibition inspired its title : Première!