Quartet

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Arthur Aillaud (né en 1973, vit et travaille à Paris)
Le travail créatif d’Arthur Aillaud se développe en plusieurs étapes : la première réside dans le captage d’images sur internet. Ces photographies de paysages, d’architectures ou de personnages, sont ensuite manipulées et retravaillées par l’artiste avec Photoshop, faisant naître de surprenantes compositions. Enfin, par son travail de peintre il transforme ces images en leur donnant un corps, une présence picturale. Ainsi, à la manière de nombre d’artistes tels Gerhard Richter, Luc Tuymans et Peter Doig, Arthur Aillaud franchit une étape supplémentaire dans le processus de distanciation opéré à l’égard du sujet. Dès lors, nous sommes face à des situations, paysages, lieux ou personnages, qu’il nous serait impossible de rencontrer dans la réalité. L’aspect irréel de ces compositions, bien qu’issues d’images réalistes, repousse les limites de l’imagination de l’artiste, tout comme celles du spectateur.

Eric Bourret (né en 1964, vit et travaille à Marseille)
Eprouver : mettre à l’épreuve, faire l’expérience de quelque chose, ressentir une émotion. Toute la démarche artistique d’Eric Bourret semble se résumer à ce mot, certes simple, mais doté de résonances multiples. Comme si ses photographies étaient le résultat d’un processus uniquement fondé sur ce terme : éprouver. De l’Etna à l’Himalaya, en passant par l’Inde ou encore l’Afrique du Sud, Eric Bourret voyage, marche, arpente, déambule aux quatre coins de la planète. Le photographe met ainsi à l’épreuve son propre corps, fait l’expérience de la solitude et du silence, à la recherche d’un « lieu » comme l’aurait dit Mark Rothko. Un « lieu » qui, compte tenu de toutes ces mises à l’épreuve physiques et mentales, permet à l’artiste d’en ressentir les vibrations. Les photographies d’Eric Bourret sont alors le résultat de cette implication du corps et de l’esprit placés volontairement en immersion dans un paysage. Il en ressort des images empreintes d’un fort pouvoir poétique, et éminemment plasticiennes. Images d’un monde à la beauté naturelle, mais qu’Eric Bourret par son regard sait sublimer.

Jérôme Dupin (né en 1956, vit et travaille à Paris)
Face au problème du sujet – « quoi peindre ? » – qui taraude les artistes depuis plusieurs décennies, Jérôme Dupin a adopté un système qu’on pourrait considérer a priori comme stérilisant, et qui consiste à délimiter sur la toile qui va être peinte un rectangle formé par les côtés d’un châssis imaginaire du même format posé de biais sur la toile. La couleur est alors posée soit dans l’espace intérieur du rectangle ainsi formé, soit au contraire dans les angles extérieurs au rectangle central demeuré blanc, par l’effet du décalage opéré. Comme beaucoup d’artistes qui s’imposent des règles et des procédures, Dupin confirme l’adage selon lequel la liberté ne peut s’exercer que dans la contrainte. Il invente jour après jour de nouvelles et étonnantes propositions dans le respect strict de sa règle. Ainsi, partant de ce système simple du décalage de la peinture par rapport au tableau, ont fini par naître des travaux sur des tableaux coupés aux angles, des œuvres murales ou encore des peintures composées de grilles tracées à la bombe. En perpétuel mouvement, et dans une fraîcheur colorée toujours renouvelée, l’œuvre de Jérôme Dupin ne cesse pas de nous surprendre, jusqu’à nous présenter plus récemment un travail vidéo là encore inattendu, en décalage.

Michel Duport (né en 1943, vit et travaille à Paris)
Le travail de Michel Duport nous renvoie à notre rapport aux œuvres et aux disciplines artistiques. Peinture ? Architecture ? Sculpture ? Un peu tout cela à la fois, l’art de Michel Duport nous porte vers un pan de l’histoire de l’art du XXème siècle, tel qu’il s’est développé depuis les constructivistes russes et les reliefs de Jean Arp, jusqu’aux peintures en volume de Frank Stella. Non pas hors cadre mais simplement sans cadre, la peinture de Michel Duport se déploie dans des assemblages de formes en volume, colorées et peintes de différentes façons. Fixées au mur ou bien posées au sol, ces formes interrogent notre relation aux œuvres, dans notre vision et notre positionnement. Mêlant ainsi les genres artistiques, Michel Duport prend acte du passage « du spécifique au générique » selon l’expression de Thierry de Duve, effectué par Marcel Duchamp et ses ready-made. Manière de faire éclater les codes de l’art et de réunir les disciplines plutôt que de les séparer.
Arthur Aillaud (born in 1973, lives and works in Paris, France)
The creative work of Arthur Aillaud unfolds in three stages: the first lies in the collection of images on the Internet. These photographs of landscapes, architectures or people, are then manipulated and modified by the artist with Photoshop, creating surprising compositions. Finally, using his painting skills, he transforms these images by giving them a body, a pictorial presence. Thus, in the manner of a number of artists such as Gerhard Richter, Luc Tuymans or Peter Doig, Arthur Aillaud performs an additional step in the process of distancing the subject. Hence, we are faced with situations, landscapes, places or people, which we would be unable to meet in real life. The unreal appearance of these compositions, though realistic, rejects the limits of the artist's imagination, as do those of the viewer.

Eric Bourret (born in 1964, lives and works in Marseille, France)
To experience: to test, to experiment something, to feel an emotion. Eric Bourret's artistic approach could come down to this word. Simple, but endowed with multiple resonances. As if his photographs were the result of a process based solely on this verb: to experience. From mount Etna to the Himalayas, through India and South Africa, Eric Bourret travels, walks, wanders around the world. The photographer thus tests his own body, experiences solitude and silence, in search of a "place" as Mark Rothko would have said. A "place" which, taking into account all these physical and mental ordeals, allows the artist to feel the vibrations. Eric Bourret’s photographs are therefore the result of the commitment of his body and spirit, voluntarily immersed in a landscape. His images are marked with a strong poetic power, and are eminently plastic. Images of a world with natural beauty, but that Eric Bourret enhances with his glaze.

Jérôme Dupin (born in 1956, lives and works in Paris, France)
Faced with the problem of the question - "what to paint?” - which has been challenging artists for years, Jérôme Dupin has adopted a system that could be theoretically considered as sterilizing and which consists of delimiting on the canvas to be painted a rectangle formed by the sides of a same format imaginary chassis placed diagonally on the canvas. The colour is then placed either in the interior space of the rectangle thus formed or, on the contrary, in the corners outside the central rectangle that remained white by the effect of the shift. Like many artists who force rules and procedures on themselves, Dupin confirms the adage that freedom can only be exercised in constraint. He invented day after day new and amazing proposals in strict compliance with his rule. Thus, from his simple system, works have finally arisen on paintings cut at the corners, murals or even paintings composed of grids drawn with a bomb. In perpetual movement, and in an always renewed colourful freshness, the work of Jérôme Dupin does not cease to surprise us, confirmed more recently with his last video work, here again unexpected and out of step.

Michel Duport (Born in 1943, lives and works in Paris, France)
Michel Duport's work reminds us of our relationship to art and its disciplines. Painting ? Architecture ? Sculpture ? Combination of everything, Michel Duport's art brings us to a period of 20th century art, as it developed since the Russian constructivists and the reliefs of Jean Arp, to the volume paintings of Frank Stella. Not just out of frame but simply frameless, Michel Duport's painting unfolds in assemblages of shapes in volume, coloured and painted in different manners. Fixed to the wall or placed on the ground, these forms question our relationship to the pieces, according to our vision and our positioning. Mixing artistic genres, Michel Duport takes note of the passage “from the specific to the generic”, a phrase from Thierry de Duve and put into form by Marcel Duchamp’s ready-made. A way of breaking the art codes and of bringing disciplines together rather than separating them.