Costantini / Gross / De Malherbe

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Marie-Line COSTANTINI
Née en 1954. Vit et travaille à Toulon.

A l’inverse de nombre d’artistes pour qui l’oeuvre d’art n’affirme que sa seule forme, la peinture de Marie-Line Costantini ne peut être pleinement appréhendée sans prendre en compte la dimension métaphysique qui est à sa source et qui l’imprègne. Dans certaines de ses œuvres la présence de fragments de corps s’oppose à de larges plages abstraites. Bras, jambes, visages, sont ainsi mis en relation avec des bandes au noir profond. Dans d’autres peintures, le corps est absent, laissant place à de vastes espaces sombres ou lumineux où seule s’exprime la peinture. Cette dernière, constituée du mélange de plusieurs techniques, permet à l’artiste de produire des textures aux vibrations surprenantes à l’aide de bitume, laques, colles, vernis, qui viennent se joindre à elle. Les œuvres de Marie-Line Costantini, faites d’innombrables reprises et repentirs, sont inspirées des grands maîtres de la Renaissance italienne. Achevées au terme d’un long processus, elles constituent des sortes de palimpsestes où les effacements et recouvrements se succèdent. Ces peintures dont le fondement religieux est clairement revendiqué traitent du corps souffrant et sont marquées d’une intense empreinte spirituelle.


Geoffroy GROSS
Né en 1971. Vit et travaille à Bourges.

Le travail de Geoffroy Gross part d’un petit dessin machinalement tracé sur une feuille de papier, comme ceux que nous pouvons faire sans réfléchir lorsque nous téléphonons. Ce gribouillis en forme de tourbillon, d’entrelacs ou de zigzags, est ensuite agrandi puis reproduit sur un polyptyque formant une grille puisque constitué de l’assemblage de plusieurs petits tableaux. Certains d’entre eux, colorés de façon monochrome, viennent terminer l’œuvre où s’équilibrent dessin et couleur. Dans la série « portrait de papier » il s’agit également de reproductions agrandies, mais dans ce cas, de simples feuilles de papier qui ont subi des froissements. Partant de ce matériau pauvre, l’artiste s’attache alors à reproduire les plis et accidents du papier sur une plaque d’aluminium par une suite de manipulations complexes. La plaque est ensuite peinte à l’huile dans un geste simple d’étalement de la peinture et de la même couleur que le papier initial. Ainsi, l’art de Geoffroy Gross est fondé sur le principe du transfert d’une forme – un dessin, une feuille abîmée – sur un support différent et à une échelle beaucoup plus grande. Si cette succession de procédures minutieusement exécutées conduit à la perte du geste originel, les interstices entre les tableautins, le tracé laborieux du gribouillis, les repentirs sous les gouaches et les traces du pinceau sur les plaques d’aluminium, laissent néanmoins émerger une sensibilité, certes ténue, mais bien présente.


Guy DE MALHERBE
Né en 1958. Vit et travaille à Paris.

Contrairement à beaucoup d’artistes qui, arrivés à maturité s’installent ad aeternam dans la manière qui a fait leur succès, Guy de Malherbe ne s’établit jamais longtemps dans sa zone de confort. Traitant préférentiellement les thèmes du corps féminin et du paysage, il décline ceux-ci sous la forme de séries sans cesse réinventées. Sa peinture prend pour point de départ les rivages, plages et falaises de Normandie dans lesquels le minéral occupe une place prépondérante. Ainsi, certains tableaux nous donnent à voir la falaise traitée dans la frontalité, par strates superposées. D’autres présentent une vaste et sombre anfractuosité creusée dans la roche, sorte de gouffre noir, brèche ou cavité à l’aspect menaçant. Enfin, des toiles montrant des débris rocheux aux formes étranges et jonchant la grève, ont un caractère à la fois inquiétant et mystérieux. Ces paysages nullement naturalistes où la peinture dans sa présence généreuse et sensuelle prend le dessus sur l’imitation du réel, permettent de placer Guy de Malherbe dans la lignée des grands peintres paysagistes : des marines d’Eugène Boudin aux paysages géologiques de Per Kirkeby, en passant par les plages aux motifs énigmatiques dans les oeuvres de Filippo de Pisis, la peinture de Guy de Malherbe vient creuser son propre sillon et occuper une place toute singulière.
Marie-Line COSTANTINI
Born in 1954. Lives and works in Toulon.

Marie-Line Costantini’s painting, unlike many artists which work of art asserts its form only, cannot be fully understood without taking into account its metaphysical dimension that pervades it. Some of her work show body fragments brought into opposition with large, abstract areas. Arms, legs, faces, are thus put in relation with deep black strips. In other pieces, the body is absent, leaving room for dark or luminous vast spaces where the painting only expresses itself. Her painting consists of a mixture of several techniques, which allows the artist to produce textures with surprising vibrations using bitumen, lacquers, glues and varnishes. Marie-Line Costantini’s art demonstrates countless rework and remorse, inspired by the great masters of the Italian Renaissance. Completed after a long process, her paintings look like palimpsests where erasures and recoveries supersede. These paintings, whose religious foundation is clearly claimed, deal with the suffering body and are marked by an intense spiritual imprint.


Geoffroy GROSS
Born in 1971. Lives and works in Bourges.

Geoffroy Gross’s work starts from a small drawing mechanically traced on a sheet of paper, the kind of drawing we make without thinking, while having a phone call for example. This scribble that takes the shape of a swirl, of interlacing or zigzags, is then enlarged and reproduced on a polyptych that gives form to a grid assembling many small paintings. Some of them, the monochromic ones, are added to complete his work where drawing and colour balance each other. The « portrait de papier » series also show enlarged reproductions, but in this case, of simple crumpled sheets of paper. Starting from this poor material, the artist then endeavours to reproduce the paper’s folds and accidents on a sheet of aluminium following a series of complex manipulations. The sheet is then covered with oil paint spread with a simple gesture; paint that is the same colour as the original paper. Thus, Geoffroy Gross's art is based on the principle of transferring a form - a drawing, a damaged sheet - on a different medium and on a much larger scale. If this succession of meticulously executed procedures leads to the loss of the original gesture, the cracks between the small paintings, the laborious outline of the scribble, the pentimenti under the gouaches and the brush’s marks on the aluminium sheets nevertheless show a certain sensitivity, admittedly tenuous, but very present.


Guy DE MALHERBE
Born in 1958. Lives and works in Paris.

Unlike many artists who, once they reached maturity, thrive on what made their success, Guy de Malherbe never settles long in his comfort zone. His favourite themes are the female body and the landscape, which he recreates in endlessly reinvented series. The shores, beaches and cliffs of Normandy and their mineral aspect influence his painting. Thus, some of his paintings show the cliff from front, with its superimposed strata. Others present a vast and dark crevice carved into the rock, a kind of black chasm, breach or cavity with a threatening appearance. Finally, some of his paintings that show rocky debris with strange shapes covering the shingle beach have both a disturbing and mysterious character. Those landscapes, far from being naturalist, show a painting that, through its generous and sensual presence, does not imitate the real. Guy de Malherbe follows the tradition of the great landscape painters : from Eugène Boudin’s seascapes to Per Kirkeby’s geological landscapes or Filippo de Pisis’ beaches with enigmatic motifs, Guy de Malherbe’s painting carves his own path and occupies a very singular place.