Three Free

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Marie Claude BUGEAUD
Par la liberté qui s’exprime dans son travail, et l’absence de système qui lui permet de renouveler avec bonheur les figures canoniques de l’art moderne en leur donnant la fraicheur et l’innocence d’une nouvelle vie, Marie-Claude Bugeaud occupe une place singulière et de première importance dans le paysage français de la peinture contemporaine. Dans son vocabulaire graphique on trouve des raies et des bandes colorées, des suites de points qui couvrent la surface de la toile, un tutu de danseuse, des espadrilles de plage, un collier, un visage de femme simplement esquissé, ou le dessin d’un chapeau. Ces différentes figures dans leur modestie et leur pauvreté sont tracées sur des fonds colorés largement brossés.
Pour situer son travail dans une généalogie d’artistes, l’image de Matisse vient immédiatement à l’esprit, par la fraicheur et la magie du dessin, la qualité des fonds et par le recours au collage de papiers découpés, ou à Günther Förg, dont les œuvres en dépit d’une exécution sommaire rayonnent miraculeusement. Car ce qui réunit Bugeaud, Förg et Matisse, c’est la faculté de transmuer des éléments pauvres et simples en œuvres à la fois puissantes, légères et poétiques.
Un tel travail s’adresse évidemment à un public lui-même doté d’antennes capables d’enregistrer ces micro-vibrations. Une œuvre pour public sensible au presque rien.

Michèle DESTARAC
Avoir été remarquée très jeune par Jean Pollak et figurer parmi les artistes de la galerie Ariel au début des années soixante-dix est l’indice que Michèle Destarac possède une personnalité et un talent évidents, quand on se souvient que la galerie abritait à cette époque la fine fleur du mouvement COBRA, ainsi que quelques peintres non-figuratifs français tels André Marfaing et Olivier Debré. Si le choix de cette jeune recrue constituait un pari audacieux, celui-ci s’est très vite révélé judicieux comme on le mesure rétrospectivement par l’ampleur du parcours que Michèle Destarac a accompli. Dès cette époque, celle-ci avait déjà choisi son camp au sein de la scène artistique française, s’affirmant ne varietur comme un des abstraits lyriques les plus puissants de sa génération ; une position qui à ce jour ne semble pas avoir été remise en question.
Dans cette conception radicale de la peinture, la spontanéité du geste et la pensée de l’artiste fusionnent comme un chorus de jazz. Une telle place laissée à l’improvisation et l’expérimentation exige à la fois une vitalité et une disponibilité absolue pour capter les instants de grâce lorsqu’ils surviennent. Pourtant, au terme de ce processus de création chaotique une forme et un équilibre s’imposent finalement ; c’est d’ailleurs pour avoir à affronter sans projet précis la toile blanche et se surprendre par des solutions inédites que Michèle Destarac continue à peindre.

Jean-François LACALMONTIE
Jean-François Lacalmontie n’est pas un artiste dont on peut caractériser le travail en quelques mots, comme on pourrait le faire pour des artistes dont l’œuvre s’offre d’un seul bloc, pourtant sa peinture fait preuve d’une forte unité et singularité ; mais elle puise à des traditions et des histoires de l’art différentes, parfaitement assimilées et digérées, qu’il convoque et réactualise selon ses besoins et sa fantaisie. Une partie de ses peintures se présentent sous la forme de signes qu’il invente spontanément, à mi-chemin entre des idéogrammes secrets et des graffitis figuratifs. Certains de ces caractères suggèrent des parties du corps tronquées : mains, visages, cœur, bras ou sexe féminin. Ainsi ses tableaux forment une sorte de rébus auquel il serait vain de trouver une explication.
Picasso est également une des sources qui irrigue puissamment le travail de Lacalmontie, notamment dans sa période cubiste ; comme le maître de Malaga, il utilise avec ironie le collage, le faux collage et même le trompe-l’œil dont la réalisation approximative ne cherche pas à abuser le regardeur.
A partir de ces différents apports, Jean-François Lacalmontie produit une peinture captivante et parmi les plus originales qu’il est permis de voir aujourd’hui.
Marie Claude BUGEAUD
Through the freedom expressed in her work and the absence of a system, which allows her to happily renew the canonical figures of modern art by giving them the freshness and innocence of a new life, Marie-Claude Bugeaud occupies a singular and important place in the French landscape of contemporary painting. In her graphic vocabulary we can find stripes and coloured bands, lines of dots that cover the surface of the canvas, a dancer's tutu, beach espadrilles, a necklace, a woman's face simply sketched, or the drawing of a hat. These different figures in their modesty and their poverty are drawn on coloured backgrounds that are largely brushed.
To situate her work in a genealogy of artists, Matisse comes immediately to mind, because of the freshness and magic of her drawing, the quality of the backgrounds and the use of collage. We can also think of Günther Förg whose work miraculously radiate despite a basic execution. Because what gathers Bugeaud, Förg and Matisse’s work is the ability to transmute basic and simple elements into powerful, light and poetic paintings.
Bugeaud’s work is made for an audience able to feel these micro-vibrations… An audience that is sensitive to details, to almost nothing.







Michèle DESTARAC
First noticed at a very young age by Jean Pollak and then represented by the Ariel gallery in the early seventies, it is undeniable that Michèle Destarac shows obvious originality and talent –we recall that the gallery housed at that time the gem of the COBRA movement, as well as some non-figurative French painters such as André Marfaing and Olivier Debré. If choosing this young recruit was a bold bet, it quickly turned out to be a judicious one when looking back on what Michèle Destarac has accomplished since then. Already at that time, she had chosen her side within the French art scene, definitively asserting as one of the most powerful lyrical and abstract artist; a position that, still today, does not seem to have been questioned.
In this radical conception of painting, the spontaneity of the gesture and the mind of the artist merge like a jazz chorus. Such space left to improvisation and experimentation requires both vitality and absolute availability to capture the moments of grace when they occur. Yet, at the end of this process of chaotic creation, a form and a balance impose themselves finally. Indeed, facing the white canvas without a specific project and being surprised by new solutions are actually the reasons why Michèle Destarac continues to paint.










Jean-François LACALMONTIE
Jean-François Lacalmontie is not an artist whose work can be characterized in a few words, as we could do for artists who always gravitate around the same shape, yet his painting shows a strong unity and originality. However, it draws on different traditions and histories of art, perfectly assimilated and digested, which he summons and updates according to his needs and imagination. Some of his paintings appear in the form of signs that he spontaneously invents, halfway between secret ideograms and figurative graffiti. Some of these signs suggest truncated body parts: hands, faces, heart, arms, or female genitals. Thus his paintings give form to a kind of rebus to which it would be useless to find an explanation.
Picasso also forcefully influences Lacalmontie’s work, especially in his cubist period. Like the master of Malaga, he uses collage with irony, fake collage and even trompe-l'oeil whose approximate execution does not seek to abuse the viewer.
Thanks to these different contributions, Jean-François Lacalmontie produces a captivating painting which is among the most original that can be seen today.